L'ambiance à Milan est actuellement électrique. Alors que chez Miss Salsa, nous sommes habitués aux parquets et aux rythmes de la salsa et de la bachata, nous regardons cette semaine du coin de l'œil la glace de la Milano Santagiulia Arena. Au quatrième jour des Jeux d'hiver 2026, un événement s'y est déroulé qui a secoué le monde du sport jusque dans ses fondements : l'affrontement entre les femmes du Canada et des États-Unis.
Un blanchissage historique sur la glace
Pour ceux qui suivent un peu le monde du hockey sur glace, la rivalité entre le Canada et les USA est comparable aux plus grandes finales du monde de la danse. C'est une lutte de technique, de puissance et surtout d'un sens du timing irréprochable. Mais ce que nous avons vu aujourd'hui était sans précédent. Les Américaines ont battu le Canada par pas moins de 5-0. Ce n'est pas n'importe quelle victoire ; c'est la première fois dans l'histoire des Jeux Olympiques que les Canadiennes ne parviennent pas à marquer le moindre but dans un match.
En 30 ans dans le monde de la danse, j'ai appris que le momentum est tout. Une fois qu'une chorégraphie hésite, il est sacrément difficile de retrouver le flux. C'est ce que nous avons vu aujourd'hui chez le Canada. Sans leur capitaine blessée Marie-Philip Poulin, les Canadiennes semblaient avoir complètement perdu leur rythme. L'équipe américaine, en revanche, a littéralement dansé autour de la défense. Avec des buts de Caroline Harvey, Hannah Bilka (qui en a marqué deux !), Kirsten Simms et Laila Edwards, les Américaines ont montré que leur « jeu de jambes » est actuellement d'un autre niveau.
La chorégraphie du jeu de puissance
En tant qu'expert en danse, je regarde le hockey sur glace avec un autre regard. Un jeu de puissance est en fait une chorégraphie de groupe complexe où l'espace sur la glace doit être utilisé de manière optimale. Les USA ont parfaitement exécuté cela aujourd'hui. La vitesse à laquelle le palet passait de crosse en crosse m'a rappelé une combinaison de salsa ultra-rapide où chaque pression de main et chaque rotation tombe précisément sur le temps. L'Américaine Abbey Murphy était la metteuse en scène de ce spectacle avec trois passes décisives, devançant à chaque fois la défense canadienne d'un pas.
Selon le reportage en direct de The Guardian, la domination des États-Unis était telle que la gardienne du Canada, Ann-Renée Desbiens, malgré ses efforts, n'avait tout simplement pas de réponse aux vagues d'attaques. C'était une masterclass de précision.
Du hockey sur glace au patinage artistique : Le théâtre sur glace
Pendant que les hockeyeuses se livraient à une lutte physique, l'arène de patinage de Milan se concentrait sur l'esthétique pure lors du programme court masculin. Et c'est là que ma passion pour la danse entre vraiment en jeu. L'Italien Daniel Grassl a soulevé le public local avec un score de 93,46, ce qui le place provisoirement à la quatrième place. Mais la véritable révélation pour les amateurs de danse a été Aleksandr Selevko d'Estonie.
Selevko est apparu sur la glace en paillettes violettes et a patiné sur « Kiss » de Prince. C'est faire preuve d'audace. Dans le monde de la danse, nous le savons : si vous utilisez du Prince, votre performance doit être solide comme un roc. C'était funky, c'était théâtral et cela a apporté une dose de divertissement indispensable à la compétition. Bien qu'il n'ait pas terminé en tête techniquement (cet honneur revenant à l'Américain Ilia Malinin avec un score monstrueux de 108,16), Selevko a été le vainqueur moral pour tous ceux qui aiment le spectacle.
Ce que nous, danseurs, pouvons apprendre des Jeux
Vous vous demandez peut-être : quel rapport entre une défaite 5-0 au hockey sur glace et mon cours de danse hebdomadaire ? En fait, tout. Dans la pratique, le sport de haut niveau, tout comme la danse, repose sur trois piliers : l'équilibre, la concentration et la capacité de récupération.
- Équilibre : Regardez la stabilité des patineurs. Cette stabilité du tronc est exactement ce dont nous avons besoin lors d'un double tour sur la piste de danse.
- Concentration : Le Canada a perdu aujourd'hui parce qu'il manquait de concentration sans son leader. Dans une danse de formation, on voit exactement la même chose se produire lorsque la connexion entre les danseurs disparaît.
- Capacité de récupération : Reprendre immédiatement le fil après une chute ou une erreur. Les Canadiennes doivent le faire maintenant pour leur prochain match contre la Finlande.
Regard sur l'avenir : Médailles de danse sur glace
Demain, mercredi 11 février, sera un grand jour pour les vrais fans de danse. La danse libre est au programme. Le duo britannique Lilah Fear et Lewis Gibson est actuellement en lice pour une place sur le podium. Ils sont quatrièmes après la danse rythmique et la lutte pour le bronze est grande ouverte. C'est l'épreuve où la frontière entre le sport et l'art s'estompe complètement. Les chorégraphies que nous allons y voir sont souvent inspirées des techniques de danse de salon et de danses latines que nous chérissons également chez Miss Salsa.
Selon les dernières mises à jour de la BBC, la pression sur les athlètes est énorme, mais c'est de là que naissent les plus belles performances. Qu'il s'agisse d'un palet foudroyant dans la lucarne ou d'un twizzle parfaitement exécuté en danse sur glace, la passion est la même.
C'est assez spécial de voir comment ces Jeux d'hiver en Italie jettent un pont entre la force brute du hockey et l'élégance du patinage artistique. Pour nous, c'est un rappel que le mouvement, sous quelque forme que ce soit, est un langage universel. Que vous soyez sur des lames ou en chaussures de salsa, tout se joue sur cette seconde où tout s'aligne.
Nous continuons à suivre les développements à Milan, surtout en vue de la finale de danse sur glace de demain. Pour l'instant, c'est clair : les USA ont donné le ton chez les femmes, et le Canada doit se regarder longuement dans le miroir pour retrouver son rythme avant le début de la phase à élimination directe.